Biographie
Si vous deviez préparer une capsule témoin de la musique des années 2000, c’est-à-dire réunir les sonorités et les textes reflétant l’énergie de l’époque, il serait judicieux d’y inclure un exemplaire du premier album éponyme de Metro Station. Certes, le groupe est jeune, mais ses accroches très entraînantes et ses paroles pleines d’aspirations illustrent parfaitement ce que peut ressentir un adolescent dans la société actuelle.
Les membres du groupe ont grandi avec et grâce à Internet : leur cohorte de fans dévoués en a fait des stars de MySpace en seulement quelques semaines. Ils ont très tôt attiré l’attention des magazines Alternative Press (réussissant à entrer dans le classement des « 22 meilleurs groupes underground » établi par ce magazine), URB et Teen Vogue, plusieurs mois avant d’être signés par un label. Malgré leur jeune âge, les membres de Metro Station sont passés, la même année, de petits boulots dans des centres commerciaux à un enregistrement avec Motion City Soundtrack. Ils sont vraiment un produit de leur époque et de leur génération, et ils veulent en profiter.
Première partie : le groupe
Metro Station se compose de :
Trace… chant, guitare
Mason… chant, guitare
Blake… claviers, synthé
Anthony… percussions
La formation de Metro Station s’est déroulée en trois étapes. Trace et Mason se sont rencontrés à Hollywood au début de l’année 2006 lors d’un « rendez-vous » initié par leurs mères respectives. Originaires de Nashville pour l’un et de Dallas pour l’autre, ils cherchaient à collaborer avec des musiciens partageant la même approche. Quand ils se sont enfin rencontrés, le courant n’est pas passé immédiatement. « Je n’avais jamais vu quelqu’un comme Trace auparavant, admet Mason. Il avait tous ces tatouages et ces piercings à la lèvre et fréquentait des clubs de rock, alors que je restais assis dans ma chambre, avec mon grand sweat à capuche, à composer des chansons sur ma guitare. »
Le déclic est venu quand ils ont commencé leur collaboration. « En écrivant ensemble une chanson, nous nous sommes découvert des affinités à un autre niveau, se souvient Trace. C’est pourquoi nous sommes les meilleurs amis aujourd’hui. Nous voulons exprimer les mêmes choses à travers nos chansons. Notre musique parle du fait d’être jeune et d’attendre davantage de la vie, et sur ce point, Mason et moi nous sommes tout de suite entendus. »
Ces aspirations, cette volonté de créer des liens, occupent une place centrale dans la musique de Metro Station, et les origines de ce nom. « Nous venons de partout, remarque Mason, et nous sommes en transit. C’est ce que ressentent les adolescents : ils veulent s’évader et trouver leur place. C’est à eux que s’adressent nos chansons. »
Le groupe a trouvé sa place (et son nom) quand Trace et Mason ont engagé Blake, leur claviériste, qui a travaillé avec eux sur leur premier single, Seventeen Forever. Grâce à l’ajout du son lo-fi percutant de Blake, Metro Station a trouvé son créneau. Seventeen Forever est d’abord une chanson pop évoquant l’électro des années 1980, les pulsations du synthétiseur servant de toile de fond aux harmonies vocales de Mason et Trace. Derrière cette ambiance entraînante se cache néanmoins un côté plus sombre. Le refrain rappelle que « on n’aura pas éternellement dix-sept ans, mais ce soir on peut encore se le permettre », exprimant le sentiment fugace de liberté que l’on ressent en grandissant.
Seventeen Forever a été propulsé en tête des charts d’artistes non signés sur MySpace, où le groupe a attiré l’attention de plusieurs majors, mais aussi celle d’Anthony, un batteur chevronné. Après avoir joué plusieurs titres de suite avec le groupe à titre d’essai, Anthony s’est si bien intégré qu’il a été engagé immédiatement. Fort de quatre membres, le groupe Metro Station était alors prêt à faire face à sa célébrité presque instantanée due à Internet.
Deuxième partie : la musique
« Nous étions sur MySpace trois mois avant d’entrer dans les charts, raconte Trace. Et quand c’est arrivé, on s’est dit : ‘Mon Dieu, ça pourrait vraiment marcher pour nous’. Avant ça, tout semblait irréel. »
« Les fans ont tout fait, se souvient Mason. Bien que nous n’ayons jamais été à la recherche de concerts ni cherché à attirer l’attention des médias, cela s’est fait grâce à nos fans incroyables à Los Angeles. Ces gamins nous aidaient à organiser des concerts et fabriquaient ensuite eux-mêmes les annonces qu’il ne nous restait plus qu’à afficher. En fait, c’était un peu fou, comme un mouvement irrésistible. »
Si le groupe n’a pas été chercher les concerts, il a tout de même très rapidement reçu des propositions intéressantes. Ainsi, Metro Station a fait un concert à The Echo, où la salle a été chauffée par un musicien peu connu du nom de Beck ! « C’était un concert secret de Beck, joué à guichets fermés, indique Trace. Quand nous sommes arrivés, nous avons découvert que Beck était là. Il a utilisé notre matériel pour jouer et nous sommes passés juste après lui. Nous avions seulement fait dix concerts à cette époque, mais ça a été une de nos meilleures soirées. »
Le groupe a également joué avec IMA Robot et lors d’un showcase très prisé dans le cadre de South By Southwest pour The Viper Room. Même si Metro Station n’a pas plus de trente concerts à son actif, ses représentations font déjà du bruit parmi les fans. « Nous voulons que nos concerts ressemblent à des fêtes géantes, précise Mason. Nous laissons tout le monde monter sur scène et absorber cette énergie. C’est vraiment le pied. »
Metro Station a signé un contrat avec Red Ink à la fin de l’année 2006 (après avoir été découvert par un stagiaire du label sur… MySpace !) et a enregistré son album à New York au printemps 2007. Le groupe Motion City Soundtrack, habitué du Warped Tour, a produit deux morceaux de leur premier album : Kelsey et Comin’ Around, tandis que Metro Station a travaillé sur les autres titres avec les célèbres producteurs Sam Hollander et Dave Katz (Gym Class Heroes, Boys Like Girls). Ils ont aussi signé avec Crush Management, à l’instar de groupes tels que Fall Out Boy et Panic! At the Disco.
Troisième partie : l’avenir
« Cela fait moins d’un an, alors je suis vraiment très impatient de voir où nous en serons dans un an, ajoute Trace. Je me souviens d’avoir quitté mon travail au centre commercial et d’avoir pensé : ‘A partir de maintenant, je vais faire de la musique avec Mason et rien d’autre. C’est ce que je veux faire’. »
« Les gens vont nous mener la vie dure parce que nous sommes si jeunes et que tout ça arrive si vite, admet Mason. Mais nous faisons tout ce que nous avons toujours voulu faire. Nous voulons passer à la radio. Nous voulons jouer pour nos fans. Et même si on fait abstraction de tout ça, nous avons dix-huit ans et nous façonnons nos propres vies. Comment ne pas être enthousiastes ? »
